Walking everywhere : deuxième album de Polyphonic Size

En mai 83, Polyphonic Size signe un tout nouveau contrat avec Clouseau Musique, un satellite de Virgin, dirigé par Philippe Constantin. Puis, Roger- Marc, Martine et JJ Burnel passent l’été en studio, à Cambridge, pour enregistrer le 2ème album. Bien qu’il n’apparaisse pas sur scène, JJ est devenu un membre à part entière du groupe: il chante, compose, joue de la basse, produit le disque… PSize est pour lui un projet alternatif aux Stranglers, plus européen.

http://polyphonicsize.free.fr/pages/story1.html

pOLYPHONIC SIZE  album 2walking everywhere

Brussels Waltz
Le Rabatteur Des Sectes
Irrigation
Europe, What are You Doing?
Parlez-Vous
Walking Class Hero
Le Rocker De La CIA
Mohammed & Sarah
Ici Ou La

LP/K7 Virgin Records 205847
Janv 84, France.

Produit par JJ Burnel

*

Le studio 

Nous sommes dans la campagne anglaise, un joli coin du Cambridgeshire, comme on le voit dans les épisodes de « L’inspecteur Barnaby »  (« Midsomer Murders ») : un monde propret et des crimes violents.

Le studio n’est pas loin de la maison de Jean-Jacques. On s’y rend parfois dans sa voiture. JJ roule « sportivement », et comme on est du côté gauche de la route, j’ai plusieurs fois l’impression qu’on va se crasher contre les voitures qui arrivent d’en face.

Ci-dessous, le studio.

studio photo ext

1981-1988, The Old School, Sretham

Un petit air d’Angleterre profonde,

*

Le studio inside

spst81

Je vous propose, pour en parler, quelques extraits du site http://www.sintefex.com/?targ=spst81&src=links : Spaceward Studios Retrospective.

After the move to the village of Stretham, about 10 miles north of Cambridge, this picture shows the famous in-house designed and built microprocessor controlled 56 input desk, the Studer A80 24-track, and various outboard gear.

Pour les spécialistes qui trouveraient cela vieillot comme matériel, je rappelle que nous étions en 1983, il y a donc 30 ans.

In this room Mike also co-produced the Stranglers single « Always the Sun » and their 1986 album « Dreamtime ». Notable assistants on this album were Ted Hayton and Owen Morris.

cd-cover

Even after the studio was closed the Stranglers made a return visit in 1992 for much of the recording of the album « In The Night », produced by Mike.

controlroom600

Another view of the studio in Stretham after installing JBL monitors for the hard of hearing. This is in about 1982.

studioratecarda320

*

Engineers 


gary lucas

Gary Lucas and Mike Kemp

Gary Lucas – co-founder, managing director, studio manager, producer, engineer.

Mike Kemp – co-founder, technical director, sound engineer and record producer.

Le studio et les artistes qui y sont passés.

Artists, events and locations include: The Albion Dance Band, B.J.Cole, Dark Star, Dif Juz, Robyn Hitchcock, Iron Maiden, Burl Ives, Jakko Jakszyk, Katrina and the Waves, The Mekons, Morecambe and Wise, Gary Numan (album: Tubeway Army), Kimberley Rew, Modern English, The Raincoats, Tom Robinson, The Soft Boys (album: A Can of Bees, Invisible Hits, single/ep: Wading through a Ventilator etc), Stiff Little Fingers (album: Inflammable Material), The Stranglers (albums: Dreamtime, In The Night, singles: Always the Sun, Was it You?, Nice in Nice, Heaven and Hell etc), Danny Thompson, Victor Borge, Toyah Wilcox, BBC Radio Theatre, Cambridge Folk Festival, Cottesloe Theatre, Royal Albert Hall, Royal Festival Hall.

http://www.spaceward.co.uk/spaceward-studios/photos.htm

gary lucas + polyphonic size + jj burnel

JJ Burnel, Martine Bourlée, Roger-Marc Vande Voorde et Gary Lucas.  Il y a 30 ans.

Si vous souhaitez un complément d’informations sur la réalisation de ce deuxième album, rendez-vous sur le site (animé par Philippe DORO ) à la page suivante : :http://polyphonicsize.free.fr/pages/interviewrm1b.html

-ou plus simplement, lisez-le ci-dessous :

WALKING EVERYWHERE
Roger-Marc : Je suis un peu insatisfait par cet album, on aurait pu aller beaucoup plus loin.
Doro : ??!?!! ?!!??? Ah bon ?!?!? Comment ca ???? il est génial ce disque !!! et puis il y a un vrai concept sur le voyage, une belle pochette…
RM : ouais… On l’a enregistré en un mois. JJ m’a dit «, ‘ on le fait tous les deux : toi et moi. Il voulait pas voir Kloot, ce qui etait tres dur pour lui, qui etait quand même un membre du groupe ! et en plus, c’est un excellent guitariste. D’ailleurs, je trouve que le résultat manque de guitares…

D : A ce moment-là, JJ Burnel est vraiment un membre du groupe à part entière, pas seulement un producteur, non ?
RM : C’est vrai… On a essayé de retrouver la magie de Je T’ai Toujours Aimée, mais on n’y est pas arrivé.
D : sur la pochette intérieure, il y a marqué : Thanks to Mr Baker.
RM : oui, et, uncensored, Mr Baker, c’est l’agent immobilier de JJ Burnel ! Il etait passé au studio, pour je sais plus quoi, et il a dit « ah, mais j’ai joué du piano moi aussi, dans ma jeunesse… » . Alors il a joué sur le disque (rires).
D : et Genevieve ?
RM : c’etait la meilleure amie de la copine de JJ. Elle nous avait beaucoup aidé depuis le début.

(On écoute Le Rabatteur des sectes).

RM : En live c’était terrible. Beaucoup plus rentre-dedans. En général, on finissait par ca.
D : Mais moi, j’aime beaucoup cette version. Je comprends pas que… Tu écoutes ce disque des fois ?
RM : jamais. Des fois, des morceaux de Prime Story, mais c’est rare.


D : Apres l’enregistrement de l’album, vous tournez beaucoup. Kloot part vers 84. Qui est dans le groupe à partir de ce moment-là ?
RM : On s’est retrouvé tous seuls Martine et moi, alors on a passé des annonces dans les journaux musicaux. On voulait jouer avec un vrai batteur. On cherchait aussi un clavier, et un bassiste. Le bassiste, ca a été mon petit frère. On a trouvé le batteur et le claviériste, mais au final, ça ressemblait à de l’electro jazz funk rock… y a pas grand-chose qui est sorti de cette époque-là…
D : Dès 84 ?
RM : non non, plutôt après 86. Apres 84, on a fait la promo de l’album, Kloot a assuré quelques concerts. À Paris, on a fait le Forum des Halles, les Nuits Bleues à Lyon, Strasbourg…
D : mais, tu n’avais pas l’impression qu’avec ce disque sur Virgin, vous étiez lancés ? Que ca allait bien marcher pour vous ?
RM : non, je me disais que l’album etait raté. Qu’on avait raté une chance… En plus, on avait beaucoup de problèmes à jouer le disque sur scène. Kloot connaissait pas les morceaux, puisqu’il n’y avait pas participé.


D : IRRIGATION est vraiment un morceau extraordinaire. Vous l’avez joué live ? Ça devait pas être évident.
RM : non, c’etait très très difficile… Ça a été tres mal accueilli en Belgique, on nous a accusé de sexisme. Dans 2, 3 journaux, on s’est fait assassiner… (rires).

D : et ensuite, vous aviez prévu un 2eme album avec Virgin ?
RM : On avait signé pour 2 albums. On a commencé à écrire des nouveaux morceaux etceteri etcetera, mais…. On avait mal lu notre contrat… Y’avait une petite ligne au fin fond d’une page qui disait que la maison de disques se réservait le droit de remplacer éventuellement le 2eme LP par un single. Ce qui voulait dire que si le 1er marchait pas, il le switchait par un 45t. Et c’est ce qui s’est passé.


D : Le single c’etait L’Amour, 2 ans après ?
RM : voilà. Quand on a amené les demos pour le 2eme LP, ils ont dit « oui mais blablabla.. » et ils ont sorti cette clause du contrat pour le remplacer par un single. On s’est fait niquer. Notre éditeur aussi, qui avait soi-disant bien relu le contrat.
D : Et c’est là qu’ils ont voulu vous imposer Jay Alanski comme producteur ? Moi j’adore le premier album de Lio, c’est un chez d’œuvre.
RM : oui, mais nous on etait beaucoup plus british, on le trouvait trop pop.


D : Et JJ Burnel, ils ne voulaient pas en entendre parler ?
RM : Ben honnêtement…après le deuxième album, les histoires avec Kloot, on etait un peu en froid… On voulait pas recommencer la même expérience. La page etait tournée. Comment dire… je lui en veux pas, il a tellement apporté au groupe. Mais je trouve qu’il a été… un peu trop rigide, un peu trop star… en disant : je veux pas entendre parler de Kloot. c’etait une erreur.
D : Mais une fois Kloot parti ?
RM : j’en voulais un peu à Jean-Jacques.
D : Mais tu crois que Polyphonic Size etait devenu un peu son groupe, ou il pouvait développer son concept européen, chanter en français ?
RM : tout à fait d’accord avec toi. Je crois que si les Stranglers avaient pas été là, Psize aurait été le groupe ou il se sentait le mieux. Y’avait pas de comparaison avec les Stranglers, mais il etait tres très proche de nous, voulait toujours s’impliquer. Et si d’autres personnes voulaient apporter quelque chose, il disait non.
D : pourtant, sur les pochettes, il se mettait pas tres en avant. Il apparaissait comme producteur. Bien qu’étant pratiquement un membre du groupe.
RM : il s’investissait à fond. JJ, c’est quelqu’un de vrai, de réel. Quand il aime une musique, il donne de lui-même. Mais il etait d’abord le bassiste des Stranglers. Et quand on devait partir en tournée, on devait se démerder nous-mêmes… Sans lui, on n’aurait jamais fait le parcours qu’on a fait, mais on arrivait pas toujours à refaire la même chose sur scène…
D : il est monté sur scène avec vous ?
RM : oui, 3 ou 4 fois, je crois. 2 fois à Bruxelles, une fois a Londres en 88…
D : il faisait tout le concert, ou juste quelques morceaux ?
RM : juste 2, 3 morceaux, Winston & Julia, Je t’ai toujours aimée…

* * *

Pour terminer, petite  suggestion de lecture : les Mémoires de Johnny Rotten.

Johnny Rotten la rage est mon énergie

(Titre version originale : Anger is my energy)
*
Ouvrage très intéressant (J’en suis à la page 300 sur 700, à la fin de la période Sex Pistols et au début de PIL).
On en apprend des choses ( ou ça en confirme) : les quatre membres des Pistols ne s’entendaient pas, Malcolm Mac Laren, le « manager », était un fouteur de merde, Sid Vicious ( copain de JR) ne savait pas jouer de la basse …
*
En 1977, on dansait sur Anarchy et God save the Queen.
Je me souviens des photos du Jubilé de la Reine, les Sex Pistols sur la Tamise, la police qui intervient, le bazar que ça provoque, la presse anglaise qui continue de s’emballer
( comme pour l’émission de Bill Grundy, le 1 décembre 76) ……
SEX PISTOLS-JUBILEE 1977-Filthandfury
( La saleté et la fureur)
*
On imaginait le groupe au sommet, un mode de vie à 100 à l’heure, et pourtant, que dit Johnny Rotten ( après avoir échappé à la police qui était montée sur le bateau) :
« Ce soir-là, je suis allé me balader du côté des digues de la Tamise avec Sid et Vince, un copain de Sid. On ne savait pas trop quoi faire, et de toute façon, on n’avait pas de fric. Alors, finalement, j’ai décidé de rentrer chez moi. Ca faisait une sacrée trotte, et ça m’emmerdait vraiment parce que j’aime pas marcher quand je suis torché, vu que ça ressemble pas du tout à de la marche ». (p. 218)
Comme quoi …
*
A bientôt ( ou à bien tard, qui sait?)

d.

 

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