Littérature et Polyphonic Size

Dans mes  » google walks« , je suis tombé sur  un article intéressant consacré à un roman de Vincert Bernière, intitulé « Shoot again« .

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Bernière shoot again

Intéressant dans la mesure où l’auteur, écrivant sous diverses influences, musicales et autres ( le titre est assez clair), faisait allusion à Polyphonic Size.

Ci-dessous, le contexte, tiré du site

 http://www.operadesdieux.fr/emission06_13.htm

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mardi 10 avril 2007

Les auteurs se présentent : « Shoot again » de Vincent Bernière

Tribune libreLien permanent

Vincent Bernière est journaliste (Technikart, Beaux Arts, France Culture, Double), éditeur de BD pour les éditions du Seuil, et créateur du magazine « Bang » . Shoot again est son premier roman inspiré de ses années universitaires baignées par le son des Dirk Polak, Polyphonic Size, Wall of Voodoo, Lili, Drop, Tuxedomoon… et surtout l’enfer de la drogue : sa descente désespérée dans un univers de plus en plus autiste où plus rien n’existait sinon la musique. « Un procès-verbal glaçant et fascinant », selon son éditeur ,les éditions du Panama.

bernière shoot again extrait

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En voici un extrait.


Le RER avait quitté les tunnels de la Défense et filait à présent en direction de Nanterre Université. Vincent avait le casque de son Walkman Sony vissé sur les oreilles, le son réglé au maximum, si bien que les gens qui montaient dans le train régional jetaient sur lui un regard désapprobateur. Souvent, il écoutait la même cassette. Une compilation home made de quatre-vingt dix minutes sur laquelle il avait mis bout à bout quelques-uns de ses morceaux préférés. Il y tenait comme à la prunelle de ses yeux et lui avait même donné un nom : la cassette miraculeuse. C’était une cassette rouge de la marque Agfa sans aucune autre indication. V2 avait bien tenté de lui emprunter pour la dupliquer mais dans son esprit, cette compilation devait rester unique et son auditeur toujours le même. Le matin, à peine descendu de chez lui, il allumait le premier joint de la journée et, simultanément, appuyait sur la touche lecture de l’appareil japonais. Comme il prenait toujours le même chemin pour se rendre à la gare, les morceaux de la cassette miraculeuse s’enchaînaient au fur et à mesure que le paysage défilait autour de lui et composait, avec l’effet du haschisch, une architecture mentale extrêmement précise. Dès le premier titre, par exemple, il était capable d’évaluer si son rythme de marche était le bon. Ça commençait par un morceau de Meccano – pas le groupe espagnol de variété – issu du premier album. C’étaient des Hollandais emmené par un personnage énigmatique, mi-gourou, mi-artiste, Dirk Polak, qui avait également produit One by One de Minimal Compact. Leurs pochettes d’album étaient invariablement composées par des peintures de construction Meccano, pratiquement sans note ni parole de chanson ni rien. Le titre Note of a Stroll in Spring était scindé en deux. Lorsque la voie de Dirk Polak intervenait en son milieu, Vincent devait avoir dépassé la rue commerçante du bas de Bougival. À la fin du morceau suivant, un instrumental du groupe belge Polyphonic Size, produit par Jean-Jacques Burnel, il devait avoir traversé la route départementale. Si ce n’était pas le cas, il accélérait ou ralentissait son pas de façon à poser son pied sur le trottoir d’en face au moment précis où Karl Biscuit déclamait le premier couplet des Mêmes histoires, sur le mini LP Regrets Éternels : « On a pas tous les jours vingt ans, ça n’arrive qu’une fois seulement. »

Vous l’avez certainement deviné, ce morceau s’intitule «  Zas » et ouvre la face A du premier album de Polyphonic Size : « LIVE FOR EACH MOMENT /VIVRE POUR CHAQUE INSTANT ».

Il a été composé par Luc Van Acker.

Cette info est confirmée dans l’extrait de l’interview qui suit , tirée du site :

http://www.alainfinkielkrautrock.com/vincent-berniere-shoot-again/

Dans ton livre, tu parles d’une compilation miraculeuse home made que tu écoutais en permanence et que tu as perdu. Te rappelles-tu du tracklisting ?


VB : En fait, je me souviens très bien des deux premiers morceaux, Ninotchka de Tuxedomoon (extrait de la musique d’un ballet de Béjart) et The Sky’s Gone Out de Bauhaus. Dans le livre, je parle d’autres titres, parce qu’on voulait sortir un disque avec mon éditeur Jacques Binsztok et puis finalement on l’a pas fait, parce Jacques avait peur que ça fasse gadget (il avait pas tort). Donc j’ai fait un tracklisting de ce que pouvait être, aujourd’hui, ma cassette préférée de ces années-là. La voici, en exclusivité pour Alain Finkielkrautrock :

Meccano, Note of a Stroll in Spring, extrait de l’album Mecano, Mad 1005
Polyphonic Size, Zaz (sic) -[donc « Zas »], extrait de l’album Polyphonic Size, Sandwich Records licenced by New Rose (produit par JJ Burnel)
Ochestre Rouge, Crows, extrait de l’album the Yellow Laughter, RCA
Clair Obscur, Tzarin, VISA
Des Airs, le Renard argenté, extrait de l’album Lunga Notte, Crammed
Piscine et Charles, Empire, sur Death Leaves With An Echoe, compilation Disques du Crépuscule
Joy Division, Incubation, extrait d’un Flexi, puis sur Substance, Factory
Fred Frith, Speechless, extrait de Spechless, Ralph Records
Wall of Voodoo, Lost Week End, extrait de l’album Call of the West, IRS
Tones On Tail, Performance, extrait de l’album Tones on Tail, Beggar’s Banquet
Honeymoon Killers, Decollage, extrait de l’album The Honeymoon Killers, Crammed
Marc Seberg, Sylvie, extrait de l’album 83, Virgin
Lilli Drop, Foutoir, extrait de l’album Monde Animal, Arabella
Elli et Jacno, Nos allures sages, extrait de l’album Tout Vas Sauter, Vogue
Winston Tong, Reports from the Heart, extrait de l’album Theoretically Chinese, réédition les Temps modernes
Tuxedomoon, No Tears, extrait du maxi, Crammed
Minimal Compact, Fatapolis, extrait de Made to Measure vol. 10, Crammed
Etron Fou Leloublan, Blanc, extrait de l’album les Poumons gonflés, réédition CD Musea
Octobre, Nastassja, extrait de l’album Next Year in Asia, Pathe Marconi EMI
Karl Biscuit, les mêmes histoires, extrait de l’album Regrets Eternels, Crammed
Durutti Column, sketch For Summer, extrait de l’album The Return of The Durutti column, Factory
Legendary Pink Dots, Lisa’s Party, extrait de l’album Curse, The Terminal Kaleidoscope, manufactured and distributed by Pias
Sapho, New York Lodz, extrait de l’album Passage d’enfer
Mary Goes Round, Mary’s Garden, extrait de l’album 70 sun in the sly, Arty.

 Playlist très intéressante !

Dans un prochain article, allusion à un autre morceau de Polyphonic Size, morceau qui fait lui-même allusion à un célèbre roman anglais du 20è siècle. Facile.

(Deux indices : le titre est une date et le vrai nom de l’écrivain est le même qu’un ancien Premier ministre anglais).

A bientôt.

d.

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2 réflexions au sujet de « Littérature et Polyphonic Size »

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